La démarche de Rémi Uchéda, axée sur la « réactivation », détourne la fonction utilitaire d’objets industriels pour solliciter l’imaginaire. Son Arbre à cymbales illustre ce passage au sensible : activée par les passants ou la météo, l’oeuvre devient un signal sonore et visuel qui met en marche la pensée.
Remuer les « corps », déplacer la pensée
Passer de l’objet à la sculpture, puis à sa mise en jeu par la performance, est caractéristique de la démarche plastique de Rémi Uchéda. Au-delà de sa vie propre, la sculpture est éprouvée pour mettre l’imagination au travail, solliciter notre capacité à sentir au-delà du présent instrumental. C’est à la fois une modification et une action qui opère, d’où l’usage courant de termes précédés du préfixe re- comme refaire, réactiver, reposer… Ils expriment tant le changement d’orientation – le rebond, que le retour au point de départ – sous un autre jour.
Les objets industriels, quotidiens choisis puis remaniés quittent leur fonctionnalité première, sans que celle-ci soit gommée. Aussi, les œuvres sont souvent des entre-deux ; une lecture encore possible de leur origine utilitaire, tendue vers un ailleurs autant réflexif qu’esthétique. Le tangible n’est pas biffé sinon transformé dans une forme d’empêchement. Il n’est pas conçu telle une entrave mais bien comme une ouverture en terme de regard comme de dynamique. Il importe de bousculer, précipiter ce réel dans un autre registre, par l’entremise des corps agissants.
Rémi Uchéda explore cette double dimension plastique, en relation à la nature du territoire et au caractère public, extérieur des lieux investis. Les phénomènes révélés par les éléments (lumière, soleil, vent, pluie) et par le son en constituent le ressort. Une grande structure arborescente munie de cymbales fait signal par sa présence. Elle appelle à entrer en résonance avec son environnement immédiat. Sa mise en action tient aux passants qui s’en saisissent, mais aussi aux conditions météorologiques ; touchers, manipulations, heurts, scintillements ou encore halos produisent une palette de vibrations sonores et visuelles. Le timbre particulier de cette imposante ossature se répand alors, au hasard des rencontres et mises en mouvement, comme une alerte mentale, un écho à réflexion(s).
Ainsi, avec l’activation de ces objets devenus sculpture, Rémi Ucheda nous propose d’effleurer quelque chose qui n’est plus de l’ordre du matériel immédiat. Par l’expérience et le langage des « corps », physiques ou imaginés, il suscite et stimule une mise en marche de la pensée, déliée et agile, prête à « danser » d’autres possibles.
Gunther Ludwig
Dans le cadre de la Biennale d’art contemporain 2026.
exposition
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du
30 mai 2026
au
30 août 2026
Place de la République
inauguration le samedi 30 mai
à partir de 5 ans
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