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les artistes associés

Le Carré a désormais de nouveaux compagnons de route aux univers artistiques foisonnants. Un lien particulier va se nouer au fil de cette saison au travers de leurs présences, parfois ponctuelle, parfois plus longue, au Carré et sur le territoire du Pays de Château-Gontier.
Ce lien va vivre dans les deux sens ; nous les accompagnerons dans leurs désirs de création, de projet, ils nous accompagneront en déplaçant notre regard sur nos certitudes.

Bienvenue à Marion Aubert, Marion Guerrero, David Rolland et au Collectif de la Meute !

Compagnie Tire pas la nappe

Marion Aubert est auteur et dramaturge, publiée chez Actes sud-Papier. Elle co-dirige aujourd’hui avec Pauline Peyrade le département d’écriture de l’ENSATT (École nationale supérieure des Arts et Techniques du Théâtre, à Lyon).

Marion Guerrero est metteuse en scène, comédienne et vidéaste.

Elles ont créé la Compagnie Tire pas la nappe en 1997, suite à leur rencontre au Conservatoire de Montpellier. La complémentarité de leur travail et leur complicité apporte une vitalité réjouissante à leurs projets, leur vision du monde.

site de la compagnie

Retrouvez la compagnie en 2021.2022

résidence de territoire > Projet participatif

Interview

6 questions à Marion Aubert

Comment va l’artiste que tu es, aujourd’hui en 2021 ?

D’une certaine façon plutôt bien, paradoxalement. Cette période a été une espèce de sas. Avoir aujourd’hui des « zones de repli » de plus en plus grandes pour pouvoir écrire et avoir le luxe de pouvoir me les octroyer, c’est une chance. Aujourd’hui je me dis que j’ai de la chance, avec bien sûr mille inquiétudes, sur la façon dont nos vies vont être reprises, pressées, éprouvées… mais là pour le moment je me dis « pourvu que ça dure » !

Qu’est-ce que cet événement mondial a modifié chez toi ?

Eh bien, de façon insolente je pourrais dire, en apparence, rien !

Nous les écrivains ça fait longtemps qu’on est des solitaires (je pratique, et désire, depuis longtemps l’auto-confinement) mais je ne voudrais pas fanfaronner avec ça.

Le second confinement est venu littéralement me faucher, j’errais dans mon appartement, comme si mon corps prenait conscience du désastre. Sentir que les tensions montent, sentir les détresses, les fatigues et les humiliations, (re)douter l’avenir, lutter pour ne pas être paralysés par la sidération… voilà qui modifie.

Être une artiste aujourd’hui est-ce différent d’être une artiste hier ?

Bien sûr, on est tributaires de notre temps. Les enjeux ne sont pas les mêmes, en temps de crise, en temps de paix. « À qui tu parles, à qui tu t’adresses ? Dans quel état de détresse, de confort est la population ? » Par exemple dans mes textes, quand j’interrogeais la place de la femme, il y a dix ans, on me disait que c’était des sujets de bonnes femmes… aujourd’hui que la question est devenue politique (enfin !). On pourrait avoir le sentiment, à la lecture de ces textes, que je « surfe sur l’air du temps » ! Dans mes textes j’essaie de repérer ce qui est déjà une branche morte de ce qui est encore vivace…

Que représente Le Carré pour toi ?

Je me demande pourquoi il s’appelle Le Carré ? Ça me donne envie d’aller voir s’il est carré…

Pour le moment, de manière très concrète, les rencontres quand nous y avons été, avec Babette (Masson), un souvenir hyper net du marché aux volailles de Château-Gontier, des souvenirs fugaces qui se sont cristallisés.

Le temps de résidence il y a quelques semaines en mars où on a super bien travaillé. Un carré vierge de tout ce qui va venir.

Un désir ?

Mon désir c’est que ça [le lien entre la compagnie et Le Carré] se construise dans le temps. Ne pas se presser, prendre le temps de bâtir. Des devoirs aussi de notre part à dégager des temps et se dire allez on vient, même si on est loin [le siège de la compagnie est à Montpellier].

Un mot ?

Tu vois bien que moi je fais des logorrhées… [rires] !
Logorrhée.
Rencontre… c’est très banal mais je pense que c’est juste. Lien peut-être. J’aime bien lien. Il y a l’intelligence, ce qui relie.

6 questions à Marion Guerrero

Comment va l’artiste que tu es, aujourd’hui en 2021 ?

Étrangement plutôt très bien, mais je mesure ma chance. Il se trouve que depuis le premier déconfinement, j’ai énormément travaillé, peut-être plus que jamais.
Nous avons pu, par exemple, jouer notre spectacle « L’Odyssée » dans des établissements scolaires – en partenariat avec les théâtres qui nous accueillaient – et donc ne pas créer « à vide ».
Et par ailleurs, mes projets audiovisuels ont pu se tenir, les tournages, la post-production, tout ce qui se fait en cercle fermé. J’ai aussi donné des stages dans différentes écoles nationales où les cours continuent d’avoir lieu, bien heureusement. Je suis passée entre les gouttes en quelque sorte.
Mais je pense beaucoup à mes camarades qui n’ont pas, ou quasi pas travaillé depuis de longs mois et je compatis terriblement. C’est aussi une histoire de chance, le travail est tellement aléatoire et fluctuant dans nos métiers…

Qu’est-ce que cet événement mondial aura modifié chez toi ?

Je ne sais pas très bien. Peut-être un rapport accru à ce qui est essentiel. À faire des choix radicaux, à me diriger vers ce qui est primordial pour moi, un besoin de ralentir, de ne pas m’encombrer de superflu, ou le moins possible. Mais comment savoir si c’est cet événement ou l’âge ! Ou les deux.

Être une artiste aujourd’hui est-ce différent d’être une artiste hier ?

Tout est encore plus incertain, nous sommes encore plus flexibles. On joue, on joue pas, on se prépare, on se dé-prépare. Mais quand on joue, on a aussi la sensation que c’est encore plus important. Le public se sent chanceux d’être là, les gens – les profs, les bénévoles, les professionnels devant lesquels on a pu jouer – nous disent à quel point ça leur fait du bien, ils expriment leur gratitude. On se sent plus utiles… C’est paradoxal.

J’ai très peur de l’après. D’une plus grande précarité qui vient. Mais parfois je me dis que nous allons trouver des solutions nouvelles, inédites. L’utopie peut nous tenir debout. Encore. Peut-être.

Que représente Le Carré pour toi ?

Des souvenirs de représentations heureuses, d’un lieu au charme fou.

Et d’un soir inoubliable où nous avons appris la naissance de la nièce de mon compagnon. Nous l’attendions incessamment. Nous jouions « Tumultes », il était sur scène et moi en régie. Et quand, à la fin du spectacle j’ai eu la nouvelle et que je me suis levée pour lui faire de grands signes, j’ai cru qu’il allait défaillir en pleins applaudissements. Le Carré est marqué à jamais de ce moment pour nous.

Un désir ?

Là tout de suite aujourd’hui, ça n’a rien à voir avec le théâtre, mais si on me demande d’exprimer un souhait, je ne peux pas m’empêcher de penser au conflit entre Israël et la Palestine. Que le massacre s’arrête. C’est la première chose qui me vient à l’esprit.

À part ça, des désirs artistiques, j’en ai trop pour n’en citer qu’un seul.

Un mot ?

Désirs.

David Rolland

David Rolland est un chorégraphe et danseur nantais.
Axé sur une démarche poétique qui fait souvent appel à des formes participatives, son travail de création sensible s’inspire aussi bien des arts plastiques, du cinéma que de l’actualité politique et sociale.

site de la compagnie

résidence
David Rolland sera avec sa compagnie en résidence au Carré du 6 au 17 septembre
2021 pour la dernière phase de travail avant la création du spectacle « Les Infirmières ».
ouverture de répétition le vendredi
17 septembre à 15h au théâtre des Ursulines
gratuit, sur inscription

Retrouvez la compagnie en 2021.2022

dim 9 janvier 2022 > Traversée dansée
mar 11 janvier 2022 > Les infirmières

Interview

7 questions à David Rolland

Comment va l’artiste que tu es, aujourd’hui en 2021 ?

Bonne question. Je reste plein d’espoir sur l’issue de la crise sanitaire, (…) dans le retour du public en salle, la réflexion que cela peut amener dans nos temporalités, la qualité de nos relations…
Et sur la solidarité. Je suis plutôt optimiste.
Naïvement optimiste !

Qu’est-ce que cet événement mondial aura modifié chez toi ?

[Sourire]. C’est une chose très pragmatique : j’ai découvert ce que c’était de rester à la maison, alors que nous sommes toujours sur la route !
J’ai appris à être casanier.

Et alors ?

Alors c’est pas mal. On est beaucoup à se le dire, on en discute entre artistes. Ça change la relation familiale, …on aura vécu une expérience nouvelle.
Et la notion de solidarité entre compagnies. [David Rolland est représentant régional du Synavi, syndicat de compagnies].
Il y avait déjà pour ma part l’envie de faire des spectacles un peu plus engagés ; la crise a renforcé cette idée d’être plus engagé dans la dimension sociale de l’artiste. On n’a pas assez dit que la crise aura été un énorme mouvement de solidarités. L’artiste que je suis est aussi très agacé par cette omission.

Être un artiste aujourd’hui est-ce différent d’être un artiste hier ?

Pas tant par ce que j’ai envie de raconter parce que c’était déjà à l’oeuvre. C’est plus par rapport à notre écosystème culturel dans lequel on vit que j’aimerais voir différent en fait. Il y a une forme d’amertume chez les artistes par rapport aux différents soutiens qui n’ont pas eu lieu dans la période.
Mais, pour avoir rejoué dernièrement, comme on a la chance de tourner énormément, c’est vraiment de profiter plus du temps qui nous est offert à chaque fois, des rencontres, de la chance qu’on a.

Que représente Le Carré pour toi ?

[Silence] Ca faisait partie de mes doux rêves d’être artiste associé, depuis longtemps ! J’étais jeune chorégraphe et c’était un des lieux dont la programmation me faisait le plus envie, à l’époque où Philippe Ménard (aujourd’hui Phia Ménard) était artiste associé. Et puis bien sûr le centre d’art, le rapport aux arts plastiques. Le Carré était un but à atteindre ! Je peux m’arrêter maintenant ! [rires]

Et bien sûr, c’est un lieu où on est toujours très bien accueilli.

Un désir ?

Faire une création partagée, in situ, dans la cour du Carré, avec les habitants. Le lieu est magique, c’est très excitant pour les artistes.

Un mot ?

Il y a deux mots possibles.
Si j’utilise une technique de mon mari, ce sera le premier mot qui me tombe sous les yeux : mimolette.
Ou celui qui est derrière toi [interview réalisée en visio] : bien-être.

Collectif de la Meute

Jérémie Mocqard, Gildas Bitout, Théo Fléchais, Irène Le Goué, Selma Théron, Pierre-Alexandre Culo, Manuel Queinnec

Collectif d’artistes à géométrie variable, originaire du Finistère, le Collectif de la Meute met en place des projets à la croisée des disciplines et des collaborations (architecture, danse, arts plastiques, vidéos) dans une démarche créatrice axée sur l’interrogation de l’espace public.

site du collectif

résidence
Le Collectif de la Meute sera en résidence
de création au Carré en février 2022 pour
son prochain projet « API ».

Retrouvez le collectif en 2021.2022

sam 18 septembre 2021 > Vivant
dim 2 avril 2022 > API

Interview

6 questions à Jérémie Mocquard, co-fondateur du collectif

Comment vont les artistes que vous êtes, aujourd’hui en 2021 ?

[Silence]. On va plutôt bien. Parce qu’on sait que ça va être nécessaire d’être en résonance avec le monde qui viendra à nous. On va bien parce qu’on a des projets qui arrivent. Et je pense qu’on veut aller bien aussi pour tous ceux qui ne vont pas bien.

Qu’est-ce que cet événement mondial aura modifié chez vous ?

Ça a confirmé la fragilité de notre regard sur le monde ; on a pris conscience de la fragilité de notre liberté  d’expression en tant qu’artiste. On sait maintenant qu’il va falloir vivre tout ce qui nous sera offert avec encore plus d’intensité. On vit dans un monde où le jour suivant est toujours considéré comme un acquis. Le Covid est venu rompre ce rapport au temps dans la mesure où, du jour au lendemain, tout peut changer. Un rappel du temps présent.

Être des artistes aujourd’hui est-ce différent d’être des artistes hier ?

Non, les projets sont toujours en nous ; un artiste a besoin de raconter des histoires, de chercher à l’intérieur de lui, en induction, ce qu’il a envie d’exposer, de partager, c’est quelqu’un qui continue à travailler quoi qu’il en soit.

Et oui c’est différent ; le collectif a le désir de rencontrer d’autres artistes. En ce moment nous accueillons de jeunes artistes et nous sommes désormais plus attentifs à leur place.
Dans les conditions actuelles il est important, urgent, que nous soyons photosensibles à leurs énergies et attentifs pour pouvoir cheminer avec eux dans un esprit de transmission.

Que représente Le Carré pour vous ?

L’équipe. Un lieu. Surtout l’équipe. Disponible, enrichissante. Quand on est en tournée habituellement on reste peu de temps. Être artistes associés nous permet « d’habiter » Château-Gontier et donc de rencontrer les habitants, sentir une ville. Une vie d’artiste c’est quand même beaucoup d’errance, on vit des choses intenses sur des temps très courts, et là le fait de savoir que les choses peuvent être plus longues, c’est assez réjouissant.

Un désir ?

[Silence]. Un désir de vie, du Vivant, au grand air.

Un mot ?

Bzzzzzzzzz !