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LA RENONCIATION

Hugues Reip
Du 5 juillet au 31 août 2014 Exposition ouverture du mercredi au dimanche de
14h à 19h
Chapelle du Genêteil
Entrée libre
Le projet d’Hugues Reip pour la Chapelle du Genêteil est une relecture de l’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire biblique : l’Annonciation. Pour l’artiste, il n’est pas forcément ici question de foi, ni de blasphème. Il décale simplement le propos : Et si Marie avait renoncé ?
Par un dispositif d’installations mêlant dessins et sculptures mobiles, Hugues Reip propose une Annonciation / Renonciation résolument contemporaine.

Cette brève rencontre entre l’archange Gabriel et Marie fût maintes fois mise en scène dans la peinture Italienne entre le XIVème et le XVIème siècle. Avec la séparation progressive de l’Église et de l’État, les artistes abordèrent enfin d’autres sujets que les traditionnelles commandes du clergé au pouvoir.

En lisant le court passage de l’Évangile selon St Luc (Luc 1, 26-38) décrivant l’Annonciation, Hugues Reip décide de se confronter à ce sujet aujourd’hui désuet dans l’univers de la représentation. Il se pose simplement cette question : « Et si Marie avait renoncé ? En avait-elle réellement la possibilité ? »

 Au delà du jeu de mot formel - annonciation/renonciation – l’artiste imagine l’arrivée de l’archange en l’absence de Marie. Comme si sa seule possibilité de renoncer était de s’absenter. L’Annonciation de Hugues Reip se veut résolument contemporaine, tout en jouant sur des techniques ancestrales. Dessin à l’encre de chine et aquarelle, faux marbre, feuille d’or et ébénisterie d’art.

De manière générale dans l’histoire de la peinture, l’ange arrive sur la gauche de l’image. Au centre se trouve un patio ou un jardin. Marie se tient à droite, à l’entrée de sa chambre, souvent représentée les yeux sur les pages d’un livre.

Dans la chapelle du Genêteil, Hugues Reip enchâssera ces trois dessins formant un triptyque dans un retable en bois d’if. Le choix de ce bois, au-delà de sa préciosité et des méandres de ses nœuds, est aussi la traduction anglaise du « si », du doute.

L’iconographie utilisée pour cette œuvre puise dans une quarantaine de représentations d’Annonciations qui se télescopent, renvoyant de manière elliptique à une symbolique très codée. L’esprit divin, le lys (ici les pensées), le livre, le concombre, la colonne, le lit… autant d’éléments incontournables ici présents de manière allusive.

Dans la nef laissée vide, des mobiles suspendus à la voûte - ciel de la chapelle - seront mis en mouvement par des moteurs rotatifs et supporteront des boules de poussières qui glisseront lentement à quelques centimètres du sol, comme animés par le passage de l’Ange.

Il sera également question, d’une part, de faire allusion au troupeau de « moutons » et, d’autre part à « l’élevage de poussière » de Marcel Duchamp, grand provocateur s’il en est.

Il fallait bien quand même que l’Église et ses thuriféraires soient ici, un peu égratignés.

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